Observatoire de la biodiversité et des pratiques agricoles

Ce site d’étude a une vocation explicite de Zone Atelier de par sa taille et la durée des à long terme, et associant des équipes de recherche et des partenaires opérationnels autour d’une problématique scientifique commune. Cette organisation de la recherche autour d’un territoire de grande dimension permet de croiser les disciplines scientifiques écologiques, agronomiques, sociales et économiques des équipes impliquées, ainsi que différentes approches (modélisation, analyse des données, enquêtes socio-techniques et sociologiques).

Plaine intensive cultivée en céréales, maïs, tournesol, pois et colza... © CEBC Chizé

Plaine intensive cultivée en céréales, maïs, tournesol, pois et colza… © CEBC Chizé

Cette zone d’étude de la biodiversité et des pratiques agricoles de plaine céréalière en Poitou-Charentes est devenue une véritable plate-forme de recherche sur les agro-écosystèmes qui a reçu le label de Zone Atelier en 2008.

Historique

Les premiers travaux sur le Site Atelier de Chizé ont débuté en 1994. Initialement les questions de recherche ont porté sur l’écologie de différentes espèces d’oiseaux en relation avec les pressions exercées par l’activité agricole sur leurs habitats ou leur démographie. L’objectif était alors de comprendre les mécanismes impliqués dans la diminution rapide et à grande échelle de la biodiversité  » patrimoniale  » en plaine céréalière.

A partir de 2000, la problématique de recherche s’est orientée autour des réseaux trophiques dans les agro-écosystèmes en étudiant les communautés animales et végétales qui y vivent. L’accent a ainsi été mis sur l’effet des pratiques agricoles sur les disponibilités trophiques (alimentaires). Le programme de recherche a permis d’identifier le rôle capital des prairies dans ces écosystèmes.

L’originalité de ce programme est d’utiliser directement les résultats scientifiques obtenus après 20 ans de travail, en accompagnant les agriculteurs vers une démarche contractuelle et respectueuse des enjeux environnementaux, tout en restant compatible avec leur développement économique et social.

Un autre grand changement est intervenu en 2002, suite à une collaboration (Gilles Lemaire INRA Lusignan) qui nous a permis de lancer dés 2004, deux programmes de recherche fédérateurs, ECOGER et PRAITERRE dont l’objectif était de comprendre le rôle des prairies, non seulement sur le plan écologique, mais aussi sur les plans agronomiques et économiques.

En 2008, en partenariat avec l’INRA du Magnereau, le CNRS CEBC a mis en place le dispositif Ecobee sur la Zone Atelier Plaine et Val de Sèvre.

La Zone Atelier Plaine & Val de Sèvre est actuellement le support opérationnel de 15 programmes de recherche financés, et accueille 10 équipes de recherche ; 7 thèses et 4 post-doctorats s’y déroulent. L’interdisciplinarité reste toutefois un véritable défi, d’autant qu’au-delà des nombreuses disciplines scientifiques concernées, nous avons eu pour objectif de travailler avec les organismes agricoles professionnels et socio-techniques.

Collecte de données

La nature des recherches menées sur la Zone Atelier Plaine & Val de Sèvre nécessite un temps d’observation long basé sur un ensemble de suivis à long termes réalisés chaque année.

Depuis 1994, l’abondance et divers paramètres démographiques (survie, succès reproducteur) des oiseaux prédateurs d’intérêt patrimonial (outarde canepetière Tetrax tetrax, Oedicnème criard Burhinus oedicnemus, Busard cendré Circus pygargus, Busard St Martin Circus cyaneus, ….) et l’abondance de leurs proies sont estimés grâce à un suivi exhaustif à l’échelle du site d’étude.

De plus, des suivis biologiques et agronomiques sont poursuivis chaque année à l’échelle du site entier: l’assolement des 18 000 parcelles agricoles est relevé, l’ensemble des espèces d’oiseaux de plaine ainsi que leurs proies (insectes, micromammifères, passereaux) sont quantifiés; des relevés floristiques existent depuis 2005. En d’autres termes, à l’heure actuelle, l’ensemble du réseau trophique est suivi.

De cette collecte annuelle de données, le CNRS de Chizé a construit une base de données spatialisées saisie sur un Système d’Information Géographique (ArcView® V.9.0. de Environmental Systems Research Institute, Inc) couplé à Access (XP) sur la base des parcelles agricole de l’ensemble de la zone d’étude (assolement de 18 000 parcelles). Les mises à jour sont annuelles et se basent sur l’assolement de l’année précédente.

Ainsi, le programme bénéficie à l’échelle de toute la zone d’un jeu de données exceptionnel aussi bien sur des données biologiques et agronomiques que sur les coordonnées des agriculteurs, et les parcelles qu’ils exploitent. Conformément à la loi « Informatique et Libertés » nous avons déclaré ces fichiers auprès de la CNIL (Commission Nationale Informatique et Libertés) en 2006. L’ensemble des exploitations agricoles en a été informé.

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