Assolement & Pratiques Agricoles

Depuis 1994, les occupations du sol sont relevées sur le terrain et numérisés sur les 19 000 parcelles agricoles.

L’occupation du sol et le parcellaire agricole sont répertoriés par l’équipe Agripop du CNRS de Chizé chaque année sur l’ensemble des parcelles agricoles de la Zone Atelier Plaine & Val de Sèvre. Deux relevés de terrain sont réalisés par an pour identifier les cultures précoces et tardives: le premier en mars/avril, le second en juin/juillet.

Le cadastre agricole est basé sur la digitalisation d’une scène SPOT de 1996, composite entre une scène N&B (10 mètres de résolution) et une scène couleur (30 mètres de résolution). Les mises à jour sont annuelles et se basent sur l’assolement de l’année précédente.

La création d’un SIG temporel

De 1994 jusqu’en 2005, l’occupation du sol et les limites de parcelles étaient relevés sur cartes papier et reportait leurs observations sur des couches SIG indépendantes (une couche par année). En 2005, a été développé un SIG temporel (SIG-T) pour permettre des études temporelles du paysage agricole à fine échelle, et faciliter les saisies sur le terrain. Depuis 2007, les assolements sont ainsi notés directement sur le terrain sur des Tablet PCs, équipés d’un SIG connecté à un récepteur GPS. Les observateurs savent, en temps réel, où ils se situent et disposent de plusieurs fonds cartographiques (orthophotos de l’IGN, scan 25 etc.) pour les assister dans leurs saisies.
Un des objectifs majeurs de ce SIG sera de s’ouvrir afin de faciliter les études pluridisciplinaires et intersites, comme dans le cadre des programmes de recherche Biodivagrim, Farmland ou Agrobiose.

Cartographie des assolements 2017.

Cartographie des assolements 2017.

La base contient aussi les haies, saisies sur 3 années 2016-2011 et 2014, avec la caractérisation suivante :

  • structure
    • 0 = arbre isolé ;
    • 1 = haie basse (3 à 4 pixels de large, environ 3 m de largeur)
    • 2 = haie moyenne (4 à 10 pixels de large, environ 6 à 10 m de largeur)
    • 3 = haie haute (> à 10 pixels de large)
  • typo_haie (distingue les haies simples des doubles)
    • 1 = haie simple (présente d’un seul côté de la route ou haie unique) ;
    • 2 = haie double (présente sur les 2 côtés de la route) ;
    • 3 = arbre isolé ;
    • 4 = ripisylve simple (présente d’un seul côté de la route ou ripisylve unique) ;
    • 5 = ripisylve double (présente sur les 2 côtés d’un cours d’eau) ;
    • 6 = arbre isolé associé à un milieu humide.

3 et 6 ne sont jamais renseignés à l’intérieur de la ZA (i.e. ce qui est suivi en assolement). Sur les zones des ruchers ECOBEE, la saisie est faite. Classifiée ripisylve si à moins de 10 m d’un cours d’eau sur plus de 19% de sa longueur.

  • Longueur : longueur en mètres de chaque haie.

 

Aperçu de la couverture des haies sur la ZA. Contributeurs : Fanny Rhône, Théo Deboffe , Jessica Villers, 2014.

Typologie pour la saisie des haies.

Typologie de la structure renseignée pour les haies.

La base intègre aussi le linéaire routier, étendu en largeur en fonction de la nature des voies pour les transformer en surfacique. Les formes du linéaires ont été corrigées en 2006 d’après une séries d’ortho-photos sur l’ensemble de la ZA. Les formes des parcelles sont corrigées pour coller au linéaire routier. On génère aussi une couche « bandes enherbées » correspondant au bas côté de la route.

Nature de la voie (linéaire). Largeur voie (route surfacique) Largeur bande enherbée
Autoroutière 25 35
Principale 9 9
Régionale 7 7
Locale 4 4
Chemin 3 3
Chemin empierré 3 3
Piste cyclable 3 2

 

 

Couverture des routes et bandes enherbées sur la ZA.

Zoom sur les routes et bandes enherbées.

Zoom sur les routes (rouge) et bandes enherbées (vert).

Depuis 2016, un shape de l’assolement est généré en retirant automatiquement les routes et bandes enherbées du parcellaire, afin d’affiner les calculs de surface cultivées (-5.5% par rapport au shape couvrant).

L’assolement sans les routes ni les bandes enherbées.

L’intérêt d’un SIG temporelLe SIG-T se base sur un modèle appelé  » Espace-temps composite  » parce qu’il gère indépendamment les dimensions temporelles et spatiales des objets (les parcelles agricoles). Il est capable de produire un historique décrivant les changements subis par une parcelle dans le temps (fusion, division etc.), en analysant de façon séquentielle les années antérieures (et/ou postérieures) à une année donnée.
Les occupations du sol de chaque année et les périodes de stabilité sont également disponibles. L’historique peut être produit à l’échelle d’une parcelle, ou de plusieurs, et même sur l’ensemble du site, grâce au principe des assolements croisés.

Modèlisation des assolements en base de données.

Modèlisation des assolements en base de données.

Le principe des Assolements Croisés
Les parcelles saisies n’ont aucune valeur cadastrale, une parcelle étant définie comme un polygone entouré d’entités ayant une occupation du sol différente plusieurs années (typiquement, quatre) de suite. Les assolements de toutes les années ont été croisés pour construire une géométrie unique : les microparcelles. Ce sont les plus petits polygones produits par le croisement des années, et sont communs aux assolements de toutes les années.
Les Assolements Croisés contiennent l’information des assolements depuis 1994. Contrairement aux assolements d’une année (sur des fichiers distincts), les parcelles agricoles des différentes années sont liées physiquement. Ce fichier a été obtenu par croisement des assolements.Une grande stabilité annuelle du parcellaire
Le SIG-T a confirmé la forte stabilité interannuelle du parcellaire : hormis le phénomène de rotation des cultures, près de 90% des parcelles sont restées inchangées entre 1994 et 2006. Quelques accidents comme l’implantation d’une autoroute ont toutefois fortement modifié la configuration des parcelles. Quelques accidents comme l’implantation d’une autoroute ont toutefois fortement modifié la configuration des parcelles. Même si les effets sont très localisée, ils sont visibles sur l’ensemble du site (cf. figure ci-dessous, en orange : pic en 2005 et 2006 des agrandissements de la taille des parcelles). Si la plaine a été profondément marquée par des changements globaux dans le passé (liés notamment à la PAC), des modifications plus localisées dans le temps et dans l’espace peuvent continuer de l’influencer.

Analyse de la stabilité des assolements.

Analyse de la stabilité des assolements.

 

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