Le dispositif ECOBEE

Au carrefour d’enjeux économiques et écologiques, l’abeille domestique peut être considérée comme un indicateur des services écosystémiques d’un territoire.

ecobee_ruchesEcobee est un outil original pour mener des expérimentations en plaine céréalière sur les interactions entre les caractéristiques des colonies, des paysages et les contraintes environnementales. Il est avant tout un dispositif répondant à des attentes multidisciplinaires mettant principalement en jeu l’agronomie, l’écologie et l’apidologie.

 

Mis en place en 2008, le dispositif Ecobee permet :

  • de suivre l’évolution des colonies dans une zone de grande culture au cours d’une saison ou sur plusieurs années,
  • de faciliter des actions de recherche pour tester des hypothèses spécifiques et des questions d’actualité,
  • d’apporter des outils pour évaluer les effets de la politique agricole sur les colonies d’abeilles

Ecobee, c’est qui?

Ecobee est un consortium composé de l’INRA du Magneraud, l’INRA d’Avignon et le CNRS de Chizé qui se partagent la gouvernance du dispositif. Les partenaires privilégiés sont l’UMT Prade et l’ITSAP à Avignon, fortement impliqués dans la gestion des programmes. Ecobee mobilise près de 10 agents permanents et regroupe trois infrastructures complémentaires (1) la Zone Atelier Plaine & Val de Sèvre, (2) un rucher de 150 colonies d’abeilles domestiques et (3) le laboratoire de palynologie situé à l’Inra au Magneraud.

Ecobee, comment cela fonctionne??za_ecobee

  • Mise en place des ruches: Un groupe de cinq ruches est hébergée d’avril à octobre sur 10 zones (carré de 10km²) de la Zone Atelier Plaine & Val de Sèvre. La localisation des ruches varie annuellement. Dix carrés sont sélectionnée aléatoirement parmi les 50 carrés de 10 km² qui constituent la Zone Atelier Plaine & Val de Sèvre.
  • Le suivi : Toutes les 2 semaines, une équipe de 3 personnes effectue des mesures sur les colonies. Tous les 10 jours, un opérateur relève des échantillons de pollen prélevés dans les trappes.
  • Les mesures: Un maximum de paramètres est mesuré sur les colonies tels que les quantités de réserves et récoltes de miel, effectifs d’abeilles adultes, superficie du couvain, mortalité devant la ruche, température dans la ruche. Toutes les opérations apicoles sont enregistrées, concernant les remplacements de reines, divisions ou nourrissements ainsi que le suivi sanitaire.
  • Le pollen: La récolte de pollen est pesée et identifiée au laboratoire afin de caractériser l’environnement floral des abeilles de chaque emplacement. La caractérisation des pollen est réalisé grâce  à Apibotanica, une base de données botanique et palynologique de référence en ligne.

Ecobee et la recherche

Le dispositif Ecobee est le support de nombreux projets de recherche: POLLINOV (2010-2012), DEPHY-Abeilles (Ecophyto 2012), TECHBEE (FEAGA), « Mon village Espace de biodiversité », RISQAPI (FEAGA), CENTAURE (Casdar), RMT FlorAd, LISEA-Biodiversité… Le nombre d’implication d’Ecobee dans des projets de recherche reflète l’intérêt croissant des partenaires extérieurs au consortium.

Les données collectées sur le dispositif Ecobee ont permis d’acquérir des connaissances indispensables pour comprendre l’écologie de l’abeille domestique en milieu céréalier et son régime pollinique.

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Le suivi du régime pollinique des abeilles a notamment permis de mettre en évidence une taille de population maximale dans les colonies au moment où les réserves y sont les plus faibles. Cette figure illustre la dynamique de la population moyenne (en vert) et celle des réserves dans les colonies (en rouge) sur 5 années d’observation Ecobee.

 

La thèse de Fabrice Requier a quant à elle permis de caractériser précisément la dynamique des ressources au cours de l’année, et a mis en évidence le rôle majeur des espèces adventices dans le butin pollinique des colonies.

Ressources des colonies en plaine agricole sur 250 colonies (2008-2012).  La composition du pollen varie fortement pendant la période de disette en ressources en juin selon les localités où elles se trouvent dans la zone atelier. Figure ci-dessous est issue de Requier, F. in : Decourtye et al. PHYTOMA, n°666, Août-Sept 2013.Requier_ecobee

Couplé à un SIG, Ecobee permet aussi de tester l’effet du paysage sur le développement des colonies d’abeilles. Spatialiser les données sanitaires observées est une piste à intéressante explorer. Par ailleurs si une étude concernant l’effet d’une autoroute sur les paramètres des colonies n’a pas révélé d’impact, celui de la proximité des bois montre un effet bénéfique des bois sur les populations adultes.

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